Sainte Hélène, l’impératrice qui partit chercher la Croix du Christ
Trois croix retrouvées au Golgotha, une guérison ou une résurrection pour identifier celle de Jésus et des clous devenus reliques impériales : entre histoire et tradition
Résumé en latin ecclésiastique
Sancta Helena, Constantini imperatoris mater, Hierosolymam peregrinata est atque loca Passionis Christi venerata. Antiqua traditio ei inventionem sanctae Crucis attribuit, quae miraculo a ceteris crucibus agnita esse dicitur.
De servante à mère d’empereur
Hélène naquit probablement vers le milieu du IIIᵉ siècle en Bithynie.
Saint Ambroise la qualifie de stabularia, terme généralement compris comme servante d’auberge.
Elle devint la compagne de Constance Chlore et donna naissance à Constantin.
Lorsque celui-ci accéda au pouvoir impérial, sa mère reçut d’importants honneurs.
Elle adopta ou approfondit alors la foi chrétienne et consacra une part importante de ses ressources aux pauvres et aux constructions religieuses. (vaticannews.va)
Vers 326, alors qu’elle était déjà âgée, Hélène partit en pèlerinage en Terre Sainte.
Son voyage se situe peu après une période dramatique dans la famille impériale : Constantin avait fait exécuter son fils Crispus puis son épouse Fausta.
Hélène visita les lieux associés à la naissance, à la Passion et à l’Ascension du Christ.
Elle encouragea la construction de plusieurs sanctuaires majeurs, notamment à Bethléem et sur le mont des Oliviers. (vaticannews.va)
Mais la tradition lui attribua surtout une découverte extraordinaire.
Les trois croix sous le Golgotha
Les traditions chrétiennes tardives racontent qu’Hélène fit rechercher le lieu exact de la Crucifixion.
Un sanctuaire païen avait été édifié dans le secteur.
Les fouilles auraient permis de découvrir trois croix.
Le problème était évident.
Laquelle avait porté Jésus ?
Selon une version rapportée par la tradition, les trois bois furent successivement approchés d’une femme gravement malade.
Les deux premières ne produisirent aucun effet.
Au contact de la troisième, la femme fut guérie.
Une autre version parle d’un mort ramené à la vie au contact de la vraie Croix.
Vatican News rapporte encore cette tradition d’un cadavre qui aurait miraculeusement retrouvé la vie lorsqu’il fut placé sur le bois. (vaticannews.va)
C’est ainsi qu’aurait été identifiée la Vraie Croix.
Que peut-on réellement établir ?
Le voyage d’Hélène en Palestine et le vaste programme impérial de construction chrétienne sont historiquement bien attestés.
L’attribution directe de la découverte de la Croix à Hélène est plus tardive.
Eusèbe de Césarée, contemporain de Constantin et témoin privilégié des événements, décrit longuement les constructions de Jérusalem mais ne raconte pas la découverte des trois croix par Hélène.
Le récit se développe surtout dans les décennies suivantes.
Il faut donc distinguer :
le pèlerinage historique d’Hélène ;
la mise en valeur du Saint-Sépulcre sous Constantin ;
la tradition ultérieure de l’Invention de la Croix ;
les miracles servant à identifier le bois.
Cette distinction ne supprime pas l’importance religieuse du récit.
Elle permet simplement de savoir où finit l’histoire documentée et où commence la mémoire hagiographique.
Les trois clous
La tradition rapporte également que les clous de la Crucifixion furent retrouvés.
Hélène les aurait remis à Constantin.
L’un aurait été placé dans un casque ou une couronne impériale.
Un autre aurait servi à protéger le cheval de l’empereur.
Ces objets devinrent eux-mêmes des reliques revendiquées par différents sanctuaires européens.
Vatican News mentionne notamment la tradition associant l’un des clous à la Couronne de fer de Monza. (vaticannews.va)
Miracle ou construction mémorielle ?
Pour Mystica Insolita, le dossier d’Hélène est particulièrement intéressant parce qu’il montre comment une relique peut naître à la rencontre de plusieurs niveaux :
archéologie antique, mémoire locale, décision impériale, tradition liturgique et récit miraculeux.
La question n’est donc pas seulement : « Hélène a-t-elle retrouvé la Croix ? »
Il faut aussi demander : comment une découverte devient-elle une certitude collective suffisamment forte pour traverser seize siècles ?
Note culturelle
Sainte Hélène est presque toujours représentée tenant une grande croix.
À Rome, une immense statue d’Hélène se trouve sous la coupole de Saint-Pierre, aux côtés de Véronique, Longin et André, quatre figures associées aux grandes reliques de la Passion. (vaticannews.va)
Sa fête occidentale est célébrée le 18 août. (eglise.catholique.fr)
Sources
Vatican News, « Sainte Hélène, impératrice ». (vaticannews.va)
Église catholique en France, « Sainte Hélène ». (eglise.catholique.fr)
Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin, source ancienne essentielle pour le programme monumental de Jérusalem.
Pour aller plus loin
Les reliques de la Passion
Croix, clous, couronne d’épines et autres objets dont la tradition chrétienne a conservé ou revendiqué la mémoire.
Les miracles associés aux reliques
Guérisons, protections et phénomènes extraordinaires attribués aux objets sacrés.
Les saints et les découvertes miraculeuses
Des récits où visions, songes ou prodiges conduisent à retrouver tombeaux et reliques.
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La tradition de la Vraie Croix vous paraît-elle surtout historique, hagiographique ou indissociablement les deux ?
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