Sainte Marie-Madeleine, celle qui vit le Ressuscité avant les apôtres
Dans les ténèbres du tombeau, une voix prononça son nom et transforma son deuil en mission
Résumé en latin ecclésiastique
Sancta Maria Magdalena, a Christo liberata atque usque ad crucem fidelis, prima Dominum resuscitatum vidit et discipulis annuntiavit : « Vidi Dominum. »
La disciple demeurée près du tombeau
Marie venait de Magdala, sur les bords du lac de Tibériade. L’Évangile de Luc la présente comme une femme que Jésus avait délivrée de « sept démons ». Cette expression peut désigner une souffrance particulièrement grave, mais rien dans les Évangiles ne permet d’affirmer qu’elle était prostituée.
Elle suivit Jésus, l’assista avec d’autres femmes et resta présente au moment de sa Passion. Lorsque beaucoup avaient fui, elle se tenait encore près de la Croix, puis observa l’endroit où son corps fut déposé.
« Marie ! »
Le matin de Pâques, Marie-Madeleine découvre le tombeau ouvert. Après avoir averti Pierre et Jean, elle demeure seule dans le jardin et pleure.
Elle aperçoit deux anges, puis un homme qu’elle prend pour le jardinier. Elle ne reconnaît Jésus que lorsqu’il l’appelle :
« Marie ! »
Elle répond :
« Rabbouni ! », c’est-à-dire « Maître ».
Le récit possède une profonde dimension mystique. Marie voit sans comprendre, entend sans reconnaître, puis la prononciation de son nom ouvre soudainement ses yeux. La rencontre avec le Ressuscité n’est pas une apparition impersonnelle : elle passe par une relation unique et directe.
La première messagère de Pâques
Jésus lui confie alors une mission :
« Va trouver mes frères. »
Marie annonce aux disciples :
« J’ai vu le Seigneur ! »
Elle devient ainsi la première témoin chargée de proclamer la Résurrection. La tradition lui attribue le titre d’« apôtre des apôtres », notamment repris par saint Thomas d’Aquin.
En 2016, le pape François a élevé sa célébration du 22 juillet au rang de fête liturgique, afin de souligner son rôle dans l’annonce de Pâques, la dignité des femmes et la miséricorde divine.
Était-elle la pécheresse de l’Évangile ?
Pendant des siècles, la tradition occidentale a souvent réuni sous une même identité :
Marie de Magdala ;
la pécheresse anonyme qui verse du parfum sur les pieds de Jésus ;
Marie de Béthanie, sœur de Marthe et de Lazare.
Cette fusion a profondément marqué la prédication et l’art chrétien. Toutefois, les textes évangéliques ne permettent pas d’identifier avec certitude ces trois femmes. Marie-Madeleine ne doit donc pas être présentée simplement comme une ancienne prostituée.
Note culturelle
Dans l’art occidental, Marie-Madeleine est souvent représentée avec de longs cheveux, un vase de parfum, un crâne ou dans une grotte de pénitence.
La tradition provençale raconte qu’elle serait arrivée aux Saintes-Maries-de-la-Mer, aurait évangélisé la région, puis vécu dans la grotte de la Sainte-Baume. Ces récits ne sont pas attestés par les Évangiles, mais ils ont profondément façonné la spiritualité et le patrimoine de la Provence.
Son image réunit ainsi plusieurs figures : la disciple libérée, la femme en larmes, la contemplative, la pénitente et surtout la première messagère de la Résurrection.
Sources
Évangile selon saint Jean, chapitre 20, versets 1 et 11 à 18.
Vatican News, « Sainte Marie-Madeleine, disciple du Seigneur ».
Vatican News, fête liturgique de Marie-Madeleine.
Vatican News, « Marie de Magdala et ses sœurs », sur les traditions relatives à son identité.
Pour aller plus loin
Les saintes visionnaires et les apparitions du Christ
Des récits dans lesquels le Ressuscité, l’Enfant Jésus ou le Christ souffrant se manifeste personnellement à des mystiques.
Les saintes pénitentes retirées dans une grotte
Pour prolonger la tradition de Marie-Madeleine ermite et découvrir d’autres femmes associées à la solitude, à la conversion et à la contemplation.
Les anges dans les récits mystiques
Marie aperçoit deux anges dans le tombeau avant de reconnaître Jésus. D’autres saints racontent des rencontres comparables avec les messagers célestes.
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Pourquoi Marie-Madeleine ne reconnaît-elle Jésus qu’au moment où il prononce son nom ?
Voyez-vous dans cette scène une apparition surnaturelle, une reconnaissance intérieure ou les deux à la fois ?
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